Mercredi 7 octobre 3 07 /10 /Oct 18:42

« Hey Nancy, je crois qu’on arrive encore en tête. »
« Oui. Dommage qu’ils aient coupé ta scène, chéri… »

 
Nous pouvons constater (sans véritablement de surprise) que ce sont les grandes œuvres reconnues de chaque décennie qui apparaissent dans le tiercé gagnant : Phantom of the Paradise est un immense film culte des années 70, Blow Out est une splendide réussite artistique qui permet à De Palma de démarrer les années 80 sous les meilleurs auspices, et le génial L’Impasse a été élu « meilleur film des années 90 » par les Cahiers du Cinéma, ni plus ni moins…

Merci aux 304 votants!...


1 # Blow Out (1981) 18 %


C’est à nouveau la variation du « Blow-Up » d’Antonioni par De Palma qui garde chez les fans du cinéaste la première place.


Œuvre d’abord imaginée comme intimiste, Blow Out verra son budget augmenter considérablement avec le choix de John Travolta en personnage principal. L’acteur de La Fièvre du Samedi Soir a eu raison de s’intéresser aussitôt au projet car il trouve ici son meilleur rôle dramatique.

Démarrant par un faux début (avec film dans le film), Blow Out est le chef-d’œuvre du style opératique qui fera la renommée du maestro Brian De Palma. La maîtrise et la virtuosité techniques du cinéaste y sont époustouflantes, mêlant écrans partagés, cadrages en plongée verticale, travellings dynamiques calculés au millimètre, panoramique circulaire infernal, ralentis esthétiques, plans-séquences, etc.

Nous retrouvons bien sûr les thèmes obsessionnels du cinéaste (complot, manipulation des images et des médias, romantisme, violence graphique exacerbée, etc.) et de longues séquences de suspense, extrêmement intenses, qui comptent parmi les meilleures du cinéma. Quentin Tarantino a d’ailleurs cité Blow Out comme une source d’inspiration et un de ses trois films préférés de tous les temps…


2 # L’Impasse - Carlito’s Way (1993) 17 %


Amour, trahison, fatalité, illusion de rédemption, gangstérisme… il s’agit d’un hommage à un certain cinéma américain : le film noir immortalisé par Hawks ou Wilder.

1975. Carlito Brigante (majestueux Al Pacino) sort de prison grâce à son avocat marron (Sean Pean, forcément génial), et retrouve son East Harlem métamorphosé, inondé par la coke et le disco. Il plaquerait volontiers tout contre un petit coin de paradis chimérique aux Bahamas avec sa petite amie reconquise, mais il faut réunir le pognon.

Radicalement opposé à Scarface (De Palma refuse de faire une « suite »), L’Impasse est un film méditatif, rêveur, décrivant les souvenirs d’un gangster attachant présenté d’emblée comme agonisant sur un quai de gare. Bien que nous soyons conscients de sa mort inéluctable, Brian De Palma parvient à faire de sa marche funèbre un récit captivant, et nous en venons même à espérer qu’il s’en sorte, en vain évidemment. Tout simplement sublime…
 
 

3 # Phantom of the Paradise (1974) 16 %


Cette baroque comédie musicale présage le Rocky Horror Picture Show (auquel on le compare régulièrement) qui sortira l’année suivante.


Rendant hommage ou pastichant brillamment les nombreux mouvements musicaux des prolifiques années 70, Phantom of the Paradise est un micmac de références aussi bien littéraires (bien sûr Le Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux, le Faust de Goethe, Frankenstein de Mary Shelley, ou encore Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde) que cinématographiques (Le Cabinet du Docteur Caligari de Robert Wiene, Faust de Murnau – que De Palma cite ouvertement, Les Chaussons Rouges de Michael Powell, le Dracula de Tod Browning, ou encore une parodie de la scène de douche de Psychose, entre autres).


Au milieu de ce film extravagant, sans temps mort, entre les fantaisies capillaires et vestimentaires flashantes et les mégalomanies de ses personnages, se dégage une histoire d’amour platonique entre la belle Phœnix (Jessica Harper) et Winslow Leach (William Finley), qui devient entre-temps le « fantôme » terrorisant le Paradise. Depuis la verrière mansardée d’un manoir appartenant à Swan, le méphistophélique producteur (Paul Williams), Winslow observe impuissant sa bien-aimée dans les bras de son grand ennemi. Il devient alors évident que Brian De Palma sait raconter mieux que personne les romances exacerbées…
 

4 # Ex æquo : Pulsions - Dressed to Kill (1980) et Body Double (1984) 8 % 


Thriller érotique vaguement psychanalytique, Pulsions rassemble avec brio tous les tics de langage de son metteur en scène qui s’amuse à démarquer Psychose. Caméra virevoltante, indéniable maîtrise technique, Michael Caine impeccable, atmosphère glauque et froide mais réchauffée par la brûlante Nancy Allen… Pulsions nous donne le tournis.


On reprochera souvent à De Palma de trop s’inspirer d’Hitchcock, et le jeune disciple se fera même souvent traiter de méprisable plagiaire, mais le cinéaste continuera heureusement son petit bonhomme de chemin déjà embourbé par les attaques des ligues féministes.

Body Double n’arrangera pas les choses, au contraire. Brian De Palma commence à en avoir marre de son étiquette hitchcockienne qu’on lui attribue. Il décide de faire ce film pour conclure avec son mentor, en somme un dernier pour la route. Les références à Fenêtre sur Cour, Sueurs Froides et Psychose se retrouvent toutes dans ce film volontairement irrévérencieux et kitsch.


De Palma prouve une fois de plus qu’il s’y connaît en matière d’esbroufe et d’apparences, en jeux de double et de dupe, en manipulation, exhibitionnisme et bien sûr voyeurisme – le thème majeur de son œuvre. Après avoir l’avoir troublé avec des meurtres au rasoir, par télékinésie ou avec une tronçonneuse, De Palma ébranle la critique en filmant une jeune femme mourrant transpercée par une perceuse électrique longue mèche, pour le grand plaisir de Patrick Bateman.
 

5 # Scarface (1983) 7 %


Échec commercial à sa sortie, Scarface est devenu grâce au temps un film culte gigantesque. L’ascension et la chute du caïd de la pègre décrites par Hawks et Ben Hecht se retrouvent modernisées à l’époque d’Oliver Stone, scénariste, et de De Palma : les années 80. Exit l’alcool de la prohibition et welcome à la coke.


Déversant un flot de répliques devenues cultes, Al Pacino compose un impressionnant personnage de gangster-roi shakespearien, sorte de Richard III au nez dans la poudre, dont les rapports avec les autres, sa mégalomanie et la relation incestueuse avec sa sœur, conduiront, pas qu’au sens figuré, à sa chute violente dans une mare de sang…


Suivent :

Femme Fatale (2002) avec 6 %,
Carrie au Bal du Diable / Carrie (1976) avec 5 %,
Les Incorruptibles / The Untouchables (1987) avec 4 %,

etc.
 
Les résultats :
 
Par Romain Desbiens - Publié dans : Sondages
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