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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 02:33

Les films d’Alfred Hitchcock déclenchent la cinéphilie de De Palma lorsqu'il est étudiant. Rear Window (1954), Vertigo (1958) et Psycho (1960) semblent être les films dont il ne s'est jamais remis. Il les a étudié, analysé, s'en est inspiré pour ses propres films, conjuguant la grammaire hitchcockienne à tous les modes pour s'exprimer, et pour finalement créer son propre style…

De Palma n'est pas le seul à s'être inspiré d'Hitchcock, loin de là. Le meurtre de Marion Crane dans Psycho résonne encore dans la tête des cinéastes qui ont, tôt ou tard, fini par s’en inspirer pour le meilleur comme le pire. Ça a donné naissance à un nouveau genre de cinéma : le film de tueurs en série. John Carpenter choisira même la fille de Janet Leigh, Jamie Lee Curtis, pour lui aussi révolutionner le film d'épouvante avec Halloween (1978). De son côté, même si ce n’est pas intentionnel de sa part, De Palma permettra à Melanie Griffith, la fille de Tippi Hedren (The Birds, 1963, Marnie, 1964), de faire ses premiers pas au cinéma pour son dernier thriller en hommage au Maître, Body Double (1984).

Outre Carpenter avec des films tels qu'Assault on Precint 13 (1976), Fog (1980) ou même The Thing (1982), d'autres réalisateurs ont puisé dans l'univers hitchcockien, comme Henri-Georges Clouzot, René Clément, Akira Kurosawa, Gus Van Sant, William Wyler, Otto Preminger, François Truffaut, Stanley Donen, Claude Chabrol pour n’en citer quelques-uns en vrac. Certains s'en sont davantage inspiré pour créer leur univers particulier, à l’instar de Dario Argento (L'Oiseau au Plummage de Cristal, Profondo Rosso, Do You Like Hitchcock?) ou de Roman Polanski (Répulsion, Rosemary's Baby, Le Locataire, Frantic), entre milliers d’autres. Mais chez eux, c’est davantage l’atmosphère de ses films et certaines bases d’histoires qui les ont influencés. Tandis que les films de De Palma ont choqué les critiques en citant, de façon revendiquée, l’appartenance du réalisateur à l’univers Hitchcockien. Pourtant, loin de l'image du plagiaire tels que ses détracteurs le voient, Brian De Palma est parvenu à créer à partir de ses citations un style personnel et identifiable.

Même s’il dû subir les foudres de la critique, il ne changera pas son mode d'expression pour le bonheur de ses fans. « Jai utilisé quelques-unes de ses histoires, repris quelques-uns de ses personnages. Ses idées étaient simplement les meilleures. Hitchcock reste pour moi lartiste fondateur du genre. (Les Mille Yeux de Brian De Palma, interview par Luc Lagier) »

Une première référence au maître du suspens se trouve dans Greetings (1968), lorsqu'une fille prend un livre dans la bibliothèque d’un appartement, et feuillette le Hitchcock / Truffaut. L’année d’après, De Palma tourne Hi! Mom qui est plus ou moins une suite de Greetings, où Robert De Niro incarne un voyeur qui filme ses voisines. Mais c'est avec Sisters en 1973 que l’univers depalmien commence à rejoindre celui de son mentor, en appliquant une approche visuelle et narrative similaire. Le film reprend une base d’intrigue de suspense classique (une journaliste est témoin d'un meurtre dans l'immeuble en face du sien), et De Palma choisira pour la musique un compositeur légendaire ayant largement contribué avec Hitchcock : Bernard Herrmann. Les deux hommes se retrouveront sur Obsession (1975), film avatar entièrement dédié à Vertigo (dans lequel le spectateur attentif pourra également remarquer une référence à Rebecca), réalisé juste après Phantom of the Paradise (1974) dans lequel nous trouvons une parodie de la scène de la douche de Psycho.
Dressed to Kill (1980) est un autre hommage aux thrillers hitchcockiens et particulièrement à Psycho. Mais la critique commence à se lasser des références à gogo au cinéma d’Hitchcock. De Palma aussi. Il y met un point final avec Body Double en 1984, ultime hommage qui combine habilement Vertigo et Rear Window.

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Published by Romain Desbiens - dans Analyses
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commentaires

Anorya 13/09/2009 21:56

Alors venant de Truffaut, non, non et non. ^^J'adore le bonhomme et je comprends qu'il soit fan de Hitchcock, c'est justement ce qui rend son livre si passionnant mais non, faut arrêter de placer du Hitch' partout. D'autant plus que Bergman n'en avait rien à faire de Hitchcock. C'est un peu comme si on me disait que "les 400 coups" était un film Bergmanien parce que Truffaut y avait placé la fameuse photo de Harriet Andersson (issue de "Monika" --qui est mon avatar msn huhu). Non là, ça coince.Et puis bon, replacé dans son contexte, je comprend la démarche de Truffaut, c'est grâce à lui et la bande de jeunes turcs des cahiers d'alors et leur cinéphilie qu'on a pu replacer Hitchcock comme un immense cinéaste (ce qui n'était pas gagné avant que Truffaut n'écrivit le livre) mais bon, si par exemple on lit les critiques virulentes de Truffaut et qu'on compare ses films, deux poids deux mesures quoi... :/Et même dans mon mémoire, quand je relis mes documents d'interview de Teshigahara et autres auteurs japonais (comme Oshima et Susumi Hani) dans les 60's dans les cahiers du cinéma, y'a une espèce de, comment dire, pas de l'hypocrisie mais une espèce de fierté bon enfant qui me gêne un peu. Notamment quand George Sadoul les interviews et précise pour le public des cahiers : "Remarquons dès maintenant qu'aucun de mes interlocuteurs ne me citera Orson Wells ou Jean Renoir. Qu'on ne pense pas qu'ils les détestent. Mais qu'ils n'ont jamais pu voir leurs films, du moins durant la période de leur formation (...)"Evidemment patate de Sadoul ! Le Japon était déjà isolé avant la guerre et même après le départ des Américains en 51, tu te doutes qu'ils ont pas forcément vus tout ça. Mais non, faut préciser aux lecteurs des cahiers. Limite pour que ceux-ci ne dénigrent pas le cinéma japonais si on cite pas les cinéastes que Les cahiers défendent et promulguent. Pour le coup j'imagine bien Sadoul demander "Et Hitchcock, vous connaissez ? vous aimez ? Dites que vous en avez vus. ça fera plaisir à nos lecteurs." :DBon voilà, je sais pas si c'était compréhensible ce que je voulais dire. ^^

Romain 16/09/2009 19:01



Mmmh étant moi-même sceptique après vérif', je préfère l'enlever.  
Merci infiniment de suivre le blog,
@+



Anorya 13/09/2009 14:11

Groumpf, pour Bergman qui s'inspire d'Hitchcock, tu as intérêt à pouvoir m'argumenter ça en un (voire plus) bon gros paragraphe mon cher Major.Sinon les foudres du seigneur s'abattront sur toi.Ou le regard psychokinésique de Sissy Spacek qui vise le lustre au dessus de toi... :D

Romain 13/09/2009 17:01


Plutôt de m'engager, bien que ce soit moi qui ai écrit ce texte, je citerai quelqu'un d'autre. Ainsi, selon François Truffaut, l'influence d'Hitchcock "[...] directe ou souterraine,
stylistique ou thématique, bénéfique ou mal assimilée, s'est exercée sur des réalisateurs très différents les uns des autres" puis, il cite "La Prison" et "La Fontaine d'Aréthuse"
(Hitchcock/Truffaut).
Tu n'es donc pas d'accord?


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